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Mon séjour au temple de Paldenshangpa

J'ai reçu, pour mes 30 ans, un cadeau original. Désireuse de développer ma spiritualité, je me vis offrir un stage de méditation dans un temple bouddhiste.

Les dates fixées, contraintes de s'adapter à une année tumultueuse, se décalèrent encore et encore.

Jusqu'à aujourd'hui. Aube de mon 31ème anniversaire. Le repousser d'avantage aurait été un manque de respect pour celui qui mit tant de cœur à m'offrir ce présent.

Nous partîmes donc pour un week-end au temple de Paldenshangpa La Boulaye, au nord-ouest de la Saône et Loire.

A l'heure où j'écris ces lignes, c'est à dire après la première partie de mon enseignement, je ne porte pas du tout le même regard sur l'aventure que je vais vous raconter ci-dessous.


Le dit matin : Réveil 6h45, nous sortons du lit à 7h20. Un exploit. Il était prévu de partir avant 8h00 pour avoir une demi-heure d'avance à notre rendez-vous de 10h30. Le plus drôle dans ce genre de situation, c'est que jamais nous ne doutons. Nous sommes sûrs que tout fonctionnera comme sur le plan et qu'il suffit de le dire pour faire de nous des gens ponctuels et organisés. Ce qui n'est évidemment jamais le cas...

Nous rattrapons donc notre petit retard en s’attablant paisiblement devant un grand bol de pommes de terre/carottes/levure/épices à l'huile d'olive.

Puis nous préparons notre sac (vous ne pensiez tout de même pas qu'on l'aurait fait la veille ?!) et... départ 8h15 ! Pas si mal.

La route fut agréable, nous admirons les étendues d'eau, les crues sont impressionnantes.

Nous arrivons au village voisin, ou presque, de notre destination finale avec un peu d'avance. Nous avons faim (normal après un plat de pommes de terre avalé 1h30 auparavant non ?). Nous nous arrêtons devant une boulangerie pour grignoter... du pain ! Oui car pour des végétaliens, la pause croissant n'est plus d'actualité (c'est dans ce genre de moment qu'on passe en revue tous nos arguments pour être certains qu'ils sont à la hauteur de cette privation... ils le sont... pain !).

C'est à ce moment que tout bascule. Je visualisais à peu près l'itinéraire. Je suis passée plusieurs fois devant le panneau en allant visiter des amis. J'aurais pu suivre mon instinct. Mais aujourd'hui je ne l'ai pas fait. Je me suis laissé submerger par le déficit de confiance en moi et, ayant laissé l'atlas routier à la maison, j'ai fait l'erreur fatale de placer cette confiance dans... Google Maps !

Résumé de l'heure qui suivit :

Nous avons :

  • Tourné en rond,
  • Traversé plusieurs fois les mêmes villages,
  • Atterrit dans une impasse après avoir roulé plusieurs kilomètres sur une route de campagne,
  • Roulé dans des chemins boueux pour arriver au beau milieu d'une forêt,
  • Lu sur l'écran que nous arrivions dans 17 minutes puis 7 minutes, puis 47 minutes,
  • Eu des coupures de réseau intempestives (donc impossible d'appeler le temple),
  • Le tout pendant 1h15.

Puis j'ai fini par balancer (littéralement) cet appareil de malheur à l'arrière du véhicule. Je ne l'aimais déjà pas, cela n'arrange en rien notre relation.

Je suis enfin mon instinct, nous trouvons la route et arrivons à 11h30.

Je me confonds en excuse à l'accueil, nous rejoignons la chambre, n'osons pas intégrer le cours et décidons d'attendre la reprise à 15h.

15h00.

Nous entrons dans la salle, nous sommes une cinquantaine de personnes. Chacune avec un tapis et un Zafu (coussin de méditation). Le lama est assis au fond. Nous nous étions excusés pour la matinée d'absence. Il nous a fait comprendre avec calme que ce n'était pas grave. Il nous invite à prendre place.

Nous commençons directement avec une méditation en suivant les conseils appris lors de la matinée... no comment, personnellement durant ma matinée j'ai plutôt appris à faire des dérapages en forêt...

Je n'ai jamais réellement médité. J'ai toujours eu envie mais je n'ai jamais réussi à calmer le flot de mes pensées, à me concentrer, à m'apaiser. Je découvre donc.

Je ne me sens pas bien du tout, mon dos me fait souffrir, la tête me tourne, mes jambes sont engourdies, ces gens partout ça m’oppresse, je veux fuir !

Fin de la méditation. Le lama commence à parler, à expliquer, et là, tout s'éclaire. Je reste pendue à ses lèvres, un flot de paroles douces, vraies, des mots qui me  nourrissent, une philosophie qui résonne (raisonne) en moi.

Tout à coup, la mésaventure de ce matin me paraît loin, le stress engendré me paraît démesuré.

L'instant présent s'ouvre à moi, je m'ouvre à moi, je m'ouvre à la vie.

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